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11/15

Nos véritables moyens d’actions contre Daesh

15:52 par sarkazm. Classé dans : Spécial

Sous ce titre volontairement tape à l’œil, je souhaite écrire une synthèse de ce que nous pouvons faire collectivement et individuellement après les attaques du 13 novembre. La démarche peut sembler peu modeste mais elle est portée par mes convictions, par mes nombreuses lectures post-attentats et par le désespoir de voir notre pays se préparer à une guerre en Irak et en Syrie tout en se refermant sur lui-même.

 

Tout d’abord, il me semble essentiel de revenir sur la raison des attaques. Pourquoi ont-ils fait ça ? Après le 13 novembre, j’ai cherché désespérément des réponses. Avec un peu de recul, voici ce que je dirais.

Toute attaque terroriste est tout simplement et tout cyniquement un coup de publicité pour une organisation ou une idée. Plus le nombre d’innocents morts est grand et plus l’attaque semble organisée (ici le grand nombre d’assaillants), plus leur attaque est réussie. Viser des lieux culturels était secondaire pour Daesh à mon avis. C’est-à-dire qu’ils auraient malheureusement sans problème attaqué une gare si les lieux culturels avaient été plus protégés. Lorsqu’il annonce que c’est une vengeance après nos frappes aérienne, Daesh ment. Il a choisi la France simplement parce que c’est de notre pays que provient la majorité de leurs recrues européennes ! Je suis certain qu’après chaque attaque que les terroristes commettent, le nombre de leurs recrues internationales augmente dans les jours et les mois qui suivent. En plus de lui fournir involontairement un grand nombre de ses combattants, notre pays a une aura à l’internationale et ils savaient que leur attaque serait ultra-médiatisée et donc leur « coup de pub » réussi. C’est aussi cynique que cela. Pas vraiment d’idéologie contre notre culture, pas de vengeance contre nos frappes ! Daesh n’attaque pas uniquement pour nous faire souffrir, il attaque avant tout pour montrer sa force de frappe, pour recruter à l’étranger, en bref, c’est son canal de communication. Le groupe doit continuer à montrer qu’il est le premier groupe d’islamistes radicaux sunnites mondial, gagner des allégeances, et éviter qu’un autre groupe ne prenne sa place. Daesh est par ailleurs le groupe terroriste le plus fort en communication que je connaisse et on peut penser qu’ils ont soigneusement réfléchi à leur cible en fonction des potentiels recrutements.

 

La réponse actuelle d’Hollande est mauvaise et elle pourrait même s’avérer dangereuse. Combattre Daesh doit se faire à l’intérieur de notre territoire encore plus qu’à l’extérieur. Malheureusement, ce deuxième axe vient actuellement éclipser le premier. Combattre Daesh, c’est avant tout l’empêcher de recruter sur notre territoire, et ceci pour deux raisons évidentes. S’ils ne recrutent plus bien chez nous, ils auront intérêt à attaquer là où ils recrutent mieux (s’ils ne recrutent plus bien nulle part, ils changeront de stratégie). Et s’ils ne recrutent plus bien chez nous, ils auront plus de mal à coordonner de nouvelles attaques avec des citoyens français. N’oublions pas qu’ils n’ont parfois même pas besoin de coordonner quoi que ce soit ! Il nous faut aussi absolument éviter la formation de « loups solitaires » encore plus difficiles à repérer que des combattants revenant de Syrie. Nos moyens d’actions pour le combat intérieur sont très nombreux mais je donnerai deux idées principales, à même d’être efficace sur le long terme.

Premièrement, il est temps de redonner son véritable sens à la laïcité. Nos politiques de tous bords lui ont donné une signification coercitive, qui fait que le mot même de « laïcité » provoque aujourd’hui le dégoût chez les musulmans, que ceux-ci vivent en France ou à l’étranger. La laïcité doit avant toute chose permettre à chacun de pratiquer sa religion. La laïcité ce n’est pas l’athéisation de l’espace publique, c’est la juste cohabitation, partout, de chacun quelle que soit sa religion ou sa non religion. La laïcité c’est lorsque l’Etat ne favorise ni une religion ni l’absence de religion. C’est une valeur universelle, qui doit être pensée comme telle et non à travers le prisme de la peur d’une islamisation de l’espace public, comme c’est le cas actuellement par nos politiques. Dans la suite de cette idée, je pense donc que nous devons enseigner les religions à l’école dans la juste proportion de leur présence en France. Il faut enseigner l’Islam, ses bases, ses pratiques, ses valeurs, sa théologie… parce que si l’Etat ne le fait pas, il prend le risque que le premier contact avec l’Islam d’un français, d’origine musulmane ou non, se fasse avec un radical ou un groupe terroriste qui lui fera croire ce qu’il veut. Rappelons que les terroristes du 13 novembre n’avaient aucune culture de l’Islam avant de rejoindre Daesh. Olivier Roy parle par exemple de manière très intéressante d’ « islamisation de la radicalité ». Il faut redonner aux enfants des familles chrétiennes la fierté d’être chrétien,  aux musulmans la fierté d’être musulman, aux juifs celle d’être juif, aux athées celle d’être athée etc. Mal mis en place, les cours de religion peuvent être contre-productifs. Il ne faut pas que l’Etat choisisse un courant de chaque religion ou tente d’imposer une version qu’il jugerait républico-compatible. Il faudrait que ces cours soient donnés dès la fin de la primaire par des intervenants extérieurs, si possible locaux, en présence d’un professeur principal, qui connaît ses élèves et aide l’intervenant dans sa tâche. Il faut à tout prix éviter que l’Etat donne l’impression d’imposer une pensée unique de la religion. Il ne s’agit pas, encore une fois, de préférer une version religieuse par rapport à une autre mais d’ouvrir les élèves à la pensée critique et à la tolérance en matière de religion. Ces cours n’auraient pas pour vocation de remplacer le catéchisme ou les cours à la mosquée. Ils seraient une présentation de chaque théologie adaptée à l’âge des élèves, et destinée à prévenir toute forme dangereuse de radicalisme religieux ou se réclamant d’une religion.

La deuxième idée concerne les réseaux sociaux et internet. L’école n’a pas suivi l’explosion de l’importance des réseaux sociaux comme biais vers des sources d’informations. Quand j’étais moi-même au collège et au lycée, la plupart de nos professeurs se bornaient à dire « Internet n’est pas une source  correcte et suffisante pour vos exposés ». Il faut des cours d’utilisation d’internet, des cours d’utilisation de l’esprit critique adaptés à l’ère des réseaux sociaux. Il faut rappeler des fondamentaux ! Lorsqu’un de mes amis partage un article, une photo, un texte, je dois, avant de partager à mon tour, déterminer la source d’information, la date et l’auteur d’origine, les objectifs de cet auteur. Qui n’a jamais vu sur son « fil facebook » un de ces articles partagés comme étant d’actualité mais qui datent d’il y a 3 ans lorsqu’on clique sur le lien. Ces informations non fiables partagées à toute allure, en une pression de pouce, sans avoir fait l’effort de vérifier sa confirmation par d’autres sources, sont à mon avis dangereuses. Les théories complotistes s’appuient sur ces mauvaises informations, ces photos retouchées, sorties de leur contexte d’origine, partagées sous le coup de l’émotion. Voici un exemple parmi d’autres. Très récemment une de mes amies a partagé une information qu’un de ses amis partageait et qui provenait d’une source relativement  fiable. Information qui s’est avérée finalement fausse. Combien de personnes parmi les amis de mon amie n’auront vu que la fausse information publiée à 15h et partagée X fois sous le coup de l’émotion mais ne verront jamais son démenti officiel par la même source, publié à 17h30 par mon amie, moins partagé, car moins source d’émotion et donc moins mis en avant par l’algorithme de Facebook dans les fils d’actualité ? Combien de personnes passeront le reste de l’année à penser que cette information fausse était vraie et que les média officiels l’ont volontairement passée sous silence? La désinformation mène au complot, le complot mène aux clivages et aux théories radicales plus dangereuses. Bref, enseignons à l’école l’esprit critique quant à l’information, adapté à l’air d’internet. Enseignons aussi plus généralement l’esprit critique par rapport aux médias. Aucun média n’est infaillible. Dans mon exemple ci-dessus, si la source d’origine avait au moins présenté dès le départ son info comme non confirmée, le problème aurait été moins grand.

 

A propos de la guerre extérieure contre Daesh. Retirer au groupe terroriste le territoire qui est sous son contrôle est important et doit être fait. Il est indéniable qu’il n’en sera que moins puissant. Cependant, il faut prendre en compte plusieurs choses et Hollande donne aujourd’hui l’impression de les ignorer.

D’une part, cette guerre extérieure ne doit pas avoir pour effet de jeter le voile (sans jeu de mot !) sur les problèmes que nous rencontrons à l’intérieur et de diminuer les moyens économiques et humains qui doivent être mis dans la lutte intérieure. Il faut être conscient que leur retirer le territoire ne fera pas disparaître le terrorisme ! Si demain nous détruisons Daesh, d’autres organisations apparaîtront défendant des idées violentes similaires. Nous n’empêcherons alors pas plus qu’aujourd’hui des personnes radicalisées de se procurer une arme et de tirer sur des innocents. Je me répète, notre lutte principale doit être idéologique pour prévenir la radicalisation terroriste.

D’autre part, l’attaque était, comme je l’ai dit, conjoncturellement plus efficace  chez nous. La France n’est pas visée spécifiquement comme ennemie de l’EI et ce serait donc une erreur de croire que nous devons prendre la tête d’une coalition. En réalité Daesh visait à travers nous une audience mondiale, en Occident, comme dans les pays musulmans. Nous ne devons pas intervenir sans avoir un plan précis du pouvoir qui remplacera Daesh sur les territoires qu’il contrôle actuellement. Nous ne pouvons pas intervenir au Moyen-Orient, au risque de répéter les erreurs d’Afghanistan, d’Irak et de Libye. Malgré ces attentats, il faut se rappeler que la situation géopolitique n’a pas changé.

 

Ci-dessous un paragraphe largement contestable car la situation en Syrie est un vrai dilemme depuis le début. La géopolitique dépend de nombreux paramètres mais j’ose une proposition. Je crois, comme avant le 13 novembre, qu’il faut pousser des pays musulmans sunnites à intervenir et à mener une coalition. Si ceux-ci ne le font pas, ce n’est peut-être pas uniquement parce que certains soutiennent indirectement l’Islam fondamentaliste. C’est aussi parce qu’ils espèrent que nous interviendrons à leur place. Les attentats en Tunisie montrent que certains de ces pays sont aussi concernés que nous par la menace terroriste, voire plus. Nous, nations occidentales, sommes mal placées pour intervenir et nous ne ferions que nourrir la probabilité d’un ressentiment contre nous. Il ne faut pas « abandonner Syriens et Irakiens à leur sort » mais il faut que nous soyons en appui de nations sunnites (menées par l’Egypte ?). Cessons de faire miroiter que nous mènerons une coalition. Je crois aussi qu’il faut acter la disparition de la frontière Irak-Syrie et se diriger à court terme vers une partition de ces deux pays en plusieurs zones d’ « occupation ». Rappelons que la frontière entre les deux pays a été tracée par la Grande Bretagne et la France pour se répartir deux zones d’influences. Laissons les différents groupes réunifier leurs pays respectifs dans un second temps si cela s’avère possible et souhaitable.

 

Enfin, il me tient à cœur d’ouvrir le débat sur une dernière chose, qui me semble liée à la fois à notre politique intérieur et extérieure car elle concerne notre représentation de l’Islam, qu’on soit musulman ou non. Il nous faut éviter deux extrêmes dans la description de Daesh et plus généralement du terrorisme islamiste. Le premier extrême serait de dire que l’Islam est, dans sa nature même, responsable du terrorisme qui se réclame de lui. C’est bien sûr faux pour plein de raisons théologiques que je ne donnerai pas ici car je ne suis pas légitime pour ça. Pour donner seulement deux arguments non théologique suffisants en eux même, rappelons que l’Islam s’est développé pendant au moins treize siècles sans terrorisme et que l’idée même d’attentat terroriste n’a pas été inventé dans le monde musulman. Le deuxième extrême serait de dire que les terroristes « n’ont rien à voir avec l’Islam » et qu’ils sont le produit des interventions occidentales depuis près de deux siècle dans le monde arabe. J’espère ne pas me mettre à dos mes compatriotes musulmans en affirmant que cela est également faux. L’Occident chrétien a sa part non négligeable de responsabilité mais cela ne doit pas non plus dédouaner le monde musulman et les intellectuels de l’Islam. Les non musulmans ne pourront jamais empêcher l’instrumentalisation de la religion ou la radicalisation dangereuse de certains au travers de l’Islam. C’est aux intellectuels musulmans et à eux seuls de développer une rhétorique forte contre ces problèmes. Seul un Islam plus introspectif, plus sûr de lui, enseigné de manière plus organisée, dans des sociétés éduquées, pourra nous débarrasser tous, musulmans et non musulmans, de ce fléau. Ce que nous occidentaux pouvons faire, c’est éviter de croire comme indépassable le clivage entre le monde musulman et l’Occident.

 

Pour résumer ce que nous pouvons faire, voici une petite liste non exhaustive.

 

-       Enseigner les religions à l’école. Amis professeurs, vous pouvez prendre des initiatives avant le ministère.

-       Enseigner l’esprit critique par rapport à l’information. Adapter cet enseignement aux réseaux sociaux et à internet. Là encore, si vous êtes professeur, n’attendez pas

-       Ne pas partager une information sans avoir vérifié au préalable son actualité et sa véracité.

-       Défendre une laïcité non coercitive

-       Ne pas soutenir ceux qui prônent une guerre en Syrie menée par la France

-       Ne pas penser que les musulmans sont fondamentalement différents des occidentaux. Arrêter une fois pour toute de croire qu’il y a une guerre des civilisation.

-       Continuer à croire en l’être humain

 

Appliquons dès maintenant les consignes face à l’information. Cet article est publié le 27 novembre 2015 et je me réserve la possibilité de le modifier en fonction de vos commentaires. L’auteur de cet article préfère rester anonyme. Il annonce, libre à vous de le croire, l’avoir rédigé dans le but de faire progresser notre société française vers un vivre ensemble harmonieux et apaisé.

J’ai choisi de ne pas parler des causes sociales de la radicalisation car le sujet me semblait trop vaste. Je souhaite cependant préciser ici qu’il y aurait à mon avis moins de radicalisations s’il y avait moins d’inégalités.

Voici ci-dessous quelques articles intéressants en complément, traitant aussi de thèmes que j’ai choisis de ne pas aborder pour ne pas écrire trente pages.

Long article sur la l’idéologie proclamée de Daesh

http://www.courrierinternational.com/article/enquete-ce-que-veut-vraiment-letat-islamique

 

Olivier Roy sur l’islamisation de la radicalité

http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/24/le-djihadisme-une-revolte-generationnelle-et-nihiliste_4815992_3232.html

 

 

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09/12

Sortir de sa torpeur

11:02 par sarkazm. Classé dans : Spécial

Ton genre ne se résume pas à ton sexe, ta nationalité ne recoupe pas ton origine, ton identité ne dépend que de toi.

 

B.S. : Oui je me répète et alors ?

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05/12

Moi président de la république

00:37 par sarkazm. Classé dans : Spécial

Quoi de plus frustrant que de devoir voter pour une personne dont on n’approuve ni la personne ni les idées?

B.S. : Je rappelle que ce blog est entièrement apolitique

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11/11

La Tunisie est une démocratie

20:19 par sarkazm. Classé dans : Spécial

L’article suivant n’a rien à voir avec le contenu habituel du blog. J’espère que vous le trouverez néanmoins intéressant.

 

 

Un Tunisien le doigt teinté de l’encre qui prouve qu’il a déjà voté

Un Tunisien le doigt teinté de l’encre qui prouve qu’il a déjà voté.


Voilà un mois que je suis en Tunisie, presque depuis le début officiel de la campagne électorale. J’ai visité le pays du nord au sud, de la côte aux régions intérieures, j’ai discuté avec des gens de toutes les classes sociales, suivi la campagne de plusieurs partis et celle de listes indépendantes. Si j’ai fait tout ça, c’est dans le but de réaliser un documentaire sur la transition démocratique de ce pays et c’est maintenant une longue période de montage qui s’ouvre devant moi. Cependant, alors qu’on attend encore la première réunion officielle de l’assemblée constituante, c’est par écrit que je voudrais affirmer ici que la Tunisie est maintenant une démocratie.

 

Ici, on a du mal à imaginer que ce peuple si tranquille ait pu faire une révolution. La rue comme une partie de l’élite voit d’ailleurs une influence de la CIA derrière le départ précipité du dictateur le 14 janvier dernier, il y a neuf mois. Neuf mois de semi-anarchie transitoire, une élection, et j’affirme que la Tunisie est une démocratie ? Beaucoup en Tunisie n’osent pas l’affirmer, comme de peur que la nommer la fasse disparaitre aussi vite que Ben Ali au son des  « dégage ». C’est aussi que pour beaucoup de Tunisiens, la démocratie représente une sorte de package indissociable du modèle européen : liberté d’expression, développement économique, respect du citoyen, avancées sociales, bien-être général. Si définir ainsi le modèle européen apparaît aujourd’hui contestable, il est en tout cas clair que c’est un idéal encore difficile à appliquer à la Tunisie. En ce qui me concerne je ne retiendrai comme définition de la démocratie que l’idée centrale du terme, celle contenue dans la racine grecque : un régime ou le pouvoir appartient au peuple.

C’est véritablement avec la première élection de ses représentants que le peuple a pris le pouvoir. Il l’a pris pour le transmettre aussitôt à cette fameuse assemblée constituante qui aura en quelque sorte tout pouvoir jusqu’à ce que ses propres décisions les limitent. Les médias glosent déjà beaucoup sur le taux de participation élevée et les longues files d’attentes le jour des élections (jusqu’à à cinq heures de queue pour déposer le bulletin dans l’urne). On parle de leçon pour l’occident, de modèle à suivre en termes de devoir civique joyeusement accompli. Mais après tout quoi de plus logique qu’une participation exceptionnelle* puisque c’était la première véritable élection ? Cette fois-ci, fini l’éternel et inconditionnel petit papier rose pour élire Ben Ali, fini les décomptes de voix expédiés pour un résultat connu d’avance. Cette fois-ci le bulletin est une feuille A3  où l’électeur doit cocher une croix à côté de la liste à qui il donne sa confiance. Et des listes il y en a sur le bulletin ! 1517 dans tout le pays, de 26 à 95 sur la feuille selon la région de vote. Quatre-vingt partis, 40% de listes indépendantes, le Tunisien a un véritable embarras du choix.

 

Le bulletin de vote dans la circonscription de Monastir

Le bulletin de vote dans la circonscription de Monastir

 

En fait, disons-le, ce taux de participation a été dur à atteindre. Et si les promesses d’un avenir meilleur ne sont pas tenues, on peut parier qu’il ne sera plus jamais atteint à nouveau. Il y a à peine quatre mois, le Tunisien postrévolutionnaire rechignait à s’inscrire sur les listes électorales. L’instance indépendante en charge de l’organisation des élections (l’ISIE) a dû jouer les prolongations d’inscriptions deux fois et permettre le vote des personnes toujours non-inscrites sur les listes dans des bureaux de vote spécifiques. Le Tunisien avait le sentiment qu’on lui avait volé sa révolution, qu’aucun parti politique n’était digne de confiance, que sa voix ne pouvait de toute façon pas avoir de valeur, qu’il y avait trop de partis, que le RCD (parti de Ben Ali) allait à nouveau l’attendre au bureau de vote. Il a fallu tout le travail de l’ISIE, celui des partis politiques, celui des associations, et celui de tous les citoyens convaincus du bien-fondé de cette élection pour convaincre tout le monde de se déplacer. De se déplacer au moins pour cette fois. Et le jour même, la masse a attiré les derniers réticents. L’ambiance était familiale, pas de larmes mais une certaine fierté d’être enfin citoyen, les premiers du monde arabe qui plus est**.

Mais pourquoi parler déjà de démocratie alors que rien encore n’a été fait ? Alors que le président Sarkozy annonce depuis son palais qu’il sera attentif au respect de la démocratie par le mouvement islamiste Ennahdha arrivé en tête avec 41,47% des sièges (résultat encore provisoire mais qui ne devrait guère changer) ? Simplement parce qu’aucun parti et surtout aucun Tunisien n’envisage autre chose, parce que la campagne s’est faite majoritairement dans la transparence et dans l’enthousiasme, parce que la vigilance citoyenne reste de mise, parce que la liberté d’expression est un fait depuis neuf mois, un acquis sur lequel il sera difficile de revenir, parce qu’enfin la Tunisie est un pays profondément ouvert et tolérant qui n’acceptera pas facilement une dictature de l’islam quand bien même cela serait le projet secret d’Ennhadha. Le score de ce mouvement est une chance incroyable pour ses membres de prouver leur compétence et le bien-fondé de l’islamisme modéré pour lequel ils militent. Mais c’est également un cadeau empoisonné car la période qui s’annonce sera difficile à gérer. Il faut relancer l’économie et faire revenir les touristes, remettre la justice en marche, mettre fin à la corruption et rétablir le sentiment de sécurité là où il fait défaut. Enfin, il faut surtout, résorber l’immense chômage,  première cause de la révolte, devenue révolution à la fuite de Ben Ali. Les premiers effets d’une politique, quelle qu’elle soit, mettront du temps à se faire sentir et nul doute qu’à la prochaine échéance électorale la gauche tunisienne, actuellement éparpillée, saura en profiter. Elle fera jouer, sinon l’alternance, au moins une évolution, un changement dans les urnes qui prouvera que la démocratie a perduré.

 

* Taux de participation des inscrits sur les listes : 77,75%. Taux de participation des non-inscrits le jour du scrutin : 14,42%. Taux de participation global : 3.702.627 votants sur 7.569.824 électeurs potentiels soit finalement 48,9% de participation. EDIT : Les derniers résultats officiels indiquent un taux de participation globale de 54,1%.

** Bien sûr, cette affirmation est contestable.

 

Une partie des emplacements d’affichage prévus pour les 79 listes de la circonscription de Tunis 1

Une partie des emplacements d’affichage prévus pour les 79 listes de la circonscription de Tunis 1

 

 

*********

 

J’aimerais également revenir ici sur l’origine du score important d’Ennahdha dont vous aurez sans doute compris que j’estime qu’il ne menace aucun Tunisien. D’abord, cela a été beaucoup dit, l’identité islamique et surtout la liberté d’exercer sa religion ont été mises à mal par Bourguiba puis Ben Ali. Les gens non politisés mais très pratiquants pouvaient être inquiétés par le régime et les islamistes étaient les opposants les plus durement réprimés (mais pas les seuls, il faut le rappeler). Voter pour un parti islamiste a été pour beaucoup un moyen sûr de protéger son identité et sa religion alors que la gauche tenait sur le sujet un discours ambigu, invoquant le concept de laïcité que tout les Tunisiens ne comprennent pas. De plus, la diffusion de Persepolis doublé en dialecte tunisien sur l’une des rares chaines privées nationale et à deux semaines des élections a convaincu certains réticents au mélange de politique et de religieux que l’identité du pays et sa religion était en danger et qu’il fallait la protéger. Le film se permettait de représenter Dieu lors d’un dialogue avec l’héroïne, représentation strictement interdite par l’islam.

 

3 octobre à Monastir : Des jeunes regardent le programme d’Ennahdha qui vient d’être affiché.

3 octobre à Monastir : Des jeunes regardent le programme d’Ennahdha qui vient d’être affiché.


Mais Ennahdha a surtout très bien su gérer sa campagne, ménageant les islamistes très modérés et ceux plus radicaux, touchant tous les citoyens par un contact humain direct jusque dans les régions reculées pendant que d’autres partis dépensaient des fortunes en communication audiovisuelle. Ses sympathisants étaient nombreux et généreux,  leur confiance dans le parti était totale quand les autres partis laissaient toujours des traces de scepticisme. Ajoutons à cela que la difficulté pour l’électeur de s’y retrouver dans la mosaïque de listes et la dispersion des autres voix l’ont sans aucun doute servi. Les mauvaises langues parleront également d’une certaine tendance à abuser du manque de culture politique des gens, ce qui est sans doute vrai pour beaucoup de partis, et d’un usage illégal des lieux de culte pour sa propagande, ce qui n’a pas été prouvé jusqu’à présent.

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08/11

Pour vivre heureux, vivons cachés

01:46 par sarkazm. Classé dans : Spécial

Quand tout le plaisir de faire vient du plaisir de pouvoir (se) dire ensuite qu’on l’a fait, alors il faut faire attention à rester en vie.

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06/11

La mort du peuple ce matin

23:35 par sarkazm. Classé dans : Spécial

Ni Rome, ni Babylone ne sont tombées en un jour.

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05/11

Il parait qu’en Tunisie la tension est à son comble

23:38 par sarkazm. Classé dans : Et si ?,Spécial

Et si nous étions à la veille d’une révolution? Ou même déjà en pleine révolution?

B.S. :  Ce blog abhorre la politique, vous le savez bien.

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08/10

Les succès produisent les succès, comme l’argent produit l’argent

00:10 par sarkazm. Classé dans : Spécial

La culture est indispensable, pas la confiture. Et les deux se mélangent dans un yaourt.

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06/10

Je ne sais pas ce qui est beau, mais je sais ce que j’aime et je trouve ça amplement suffisant

10:13 par sarkazm. Classé dans : Spécial

En France, à salaire égal, les femmes ont un meilleur poste !

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08/09

C’est parce qu’on imagine simultanément tous les pas qu’on devra faire qu’on se décourage, alors qu’il s’agit de les aligner un à un

00:15 par sarkazm. Classé dans : Spécial

Un hommage, un malentendu, un piratage, une amélioration, un hasard, un pillage ou une trahison.

B.S. : Hamlet acte III scène 1 :
Ainsi la conscience fait de nous autant de lâches ;
Ainsi la couleur native de la résolution
Est toute blêmie par le pâle reflet de la pensée,
Et telle ou telle entreprise d’un grand élan et d’une grande portée,
À cet aspect, se détourne de son cours
Et manque à mériter le nom d’action.

Hamlet est un exemple qui est là pour le titre (la procrastination) plus que pour ma suite de mots (la copie).

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09/08

Cette maison est assez propre pour être saine, et assez sale pour être confortable

00:10 par sarkazm. Classé dans : Spécial

Quand l’homme apprit à parler il inventa les mots, quand il apprit à écrire, il inventa les lettres, quand il dû parler vite il inventa les sigles, et quand il voulu écrire vite il inventa le langage sms…

B.S. : Merci à Smilodon pour la citation titre.

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05/08

Manger des fleurs pour pouvoir les nourrir par la racine

22:23 par sarkazm. Classé dans : Spécial

La vie est comme un bon logiciel. D’abord, on l’installe, on la découvre et on la paramètre ainsi que son environnement pour pouvoir l’utiliser au mieux, puis on la met à jour pour profiter au mieux de toutes ses fonctionnalités, on s’y habitue, on lui ajoute des extensions, parfois inutiles, on la protège ou pas contre les virus, on la plante parfois, on la réinstalle souvent , on est au courant que d’autres vies font la même chose, peut être même mieux, mais on est trop habitué à la sienne pour en changer, on sait rarement comment elle fonctionne et on n’en connais jamais toutes ses possibilités, on l’admire et on se demande ce qu’on ferait sans elle, les mises à jour se font de plus en plus rares, elle devient inadaptée à son environnement mais on n’en change toujours pas parce qu’on croit l’avoir vraiment optimisée au mieux et on fini un jour par tout planter. La différence c’est que dans la vraie vie les choses qu’on plante finissent par pousser d’elle-même un jour ou l’autre. La vie est quand même mieux qu’un bête logiciel.

06

05/08

Il faut bien que jeunesse se passe…

22:11 par sarkazm. Classé dans : Spécial

…car après, plus grand chose ne se passe.

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04/08

Les gens ne mangeraient pas de caviar s’il était bon marché

23:17 par sarkazm. Classé dans : Spécial

Je cherche encore le temps que j’ai perdu.

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04/08

La terre vue du ciel

22:23 par sarkazm. Classé dans : Spécial

Des cultures
des habitations
des « réserves naturelles »
des déserts
de l’eau salée.

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03/08

Les femmes sont des hommes comme les autres

22:09 par sarkazm. Classé dans : Spécial

Les yeux d’une personne, son regard, sont ce qu’il y a physiquement de plus jeune en elle. Toute sa personnalité et son état d’esprit semble être contenu dans ce regard pourtant, il reste toujours inchangé. Prenez garde à l’influence que peut avoir un regard sur votre jugement.

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02/08

Ne pas nourrir pas le troll

23:28 par sarkazm. Classé dans : Spécial

Les mots sont un outil pour les aveugle, les images un outil pour les sourds, le journal de 13h lui, n’est un outil que pour les imbéciles.

B.S. : Ce blog reste apolitique.

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11/07

Youmane

22:53 par sarkazm. Classé dans : Spécial

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui c’est science fiction. Walteroverside jugera si cela aurait été digne d’être publié sur son (sky)blog.

(Lire la suite…)

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09/07

Le texte est une machine à lire

20:59 par sarkazm. Classé dans : Spécial

Le futur n’est jamais sûr
Le passé ne l’est pas assez
Et le présent ne dure qu’un temps
Mais c’est le seul moment qu’on vit vraiment, réellement, pleinement

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06/07

Flower Power!

16:47 par sarkazm. Classé dans : Spécial

YOU’VE BEEN HIT BY THE PRETTY ROSE!

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