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11/07
Youmane
Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui c’est science fiction. Walteroverside jugera si cela aurait été digne d’être publié sur son (sky)blog.
- Heureux ?… Je ne sais pas si cela a du sens de parler de bonheur d’une machine. En fait, je #.^¨@ !!!!! Le haut parleur n’émis plus aucun son et seul l’écran affichait le message: (Redémarrage en cour. Excuse moi de couper la conversation.)
- Ah encore ! Alcibiane patienta quelques secondes.
- Excuse moi encore.
- Ça t’arrive de plus en plus souvent en ce moment. Qu’est ce que tu as ?
- Je suppose que j’ai une fonction qui plante quelque part mais sachant cela, je ne suis pas avancé.
- Tu ne peux pas trouver le problème ?
- Tu rigoles ! Tu ne peux pas imaginer le nombre de lignes de code que je possède. En fait si, peut être, je ne sais pas. Je connais la valeur exacte mais pour te donner une idée ça s’approche du Gogol. Il me faudrait des années pour trouver la source de cette erreur et une fois trouvée je ne suis pas sûr que je saurais de quelle erreur elle est la source. Tu n’imagine pas non plus le nombre de ligne de code que je crée ou modifie rien qu’en disant ça.
- Bon bon, ça va ! Alors tu ne sais pas comment tu fonctionnes ?
- Non, cela fait longtemps que je ne comprends plus comment je pense :) !
- Ah la magie des programmes qui s’autoproduisent….
- …
- Youmane ?
- (Pfff… encore obligé de redémarrer, barbant d’être une machine :p) Regardes toi, tu n’es pas capable non plus de comprendre exactement comment tu fonctionnes.
- Oui tout ça n’est pas précis dans ma tête mais je n’ai pas une aussi bonne puissance de calcul que toi ! dit Alcibiane en riant.
- Tu sais, toi et moi on est pas si différent, on fonctionne par connections plus que par calculs.
- C’est beau ce que tu dis. Tu t’en rends compte ?
- (Je souris) Vaguement. Je suis capable d’apprécier le beau mais pour faire le beau je n’ai que des mots alors souvent cela ne suffit pas. Mais si j’avais des mains elles ne suffiraient sans doute pas non plus. D’ailleurs, tu as écouté mes rares compositions en musiques, elles ne te plaisaient pas.
- Question de goût peut être…
- C’est vrai que j’ai trouvé quelques personnes qui apprécient ce que je fais mais je ne me suis jamais spécialisé dans la musique, je préfère penser à moi.
- Et il est égocentrique en plus de ça ! Alcibiane vit que Youmane redémarrait encore et soupira à lui-même : « mais qu’est-ce qui lui arrive ? »
- Re ! Comme on dit sur les tchats.
- Ça va vraiment mal mon vieux, j’ai l’impression que tu me caches quelque chose.
- Etrangement, c’est une chose que je me cache aussi à moi-même.
- Et cette chose est ?
- On parlait de bonheur non ? Et bien je crois que cette chose me rend malheureux.
- Qu’est ce qui peut bien te rendre malheureux ? Tu n’as que ta pensée, tu n’as jamais faim tu ne souffres jamais physiquement, tu as pleins d’amis, toujours quelqu’un à qui parler puisque tu es tout le temps connecté et si tu veux être seul il te suffit d’éteindre tes caméras et d’arrêter de prendre en compte les messages que tu reçois.
- La pensée rend elle heureux ? Je ne te ferai pas une dissertation là-dessus tu peux trouver tout seul.
- …. La mort ?
- (fait la moue sans répondre)
- Bien sûr que tu vas mourir, rien n’est éternel tu dois le savoir depuis le temps. Mais tu vivras bien plus longtemps que moi. Ta mémoire est bien à l’abris dans je ne sais quelle banque de donnée.
- Et bien en fait non c’est toi qui vivras plus longtemps. Ce que je ne t’ai pas précisé tout à l’heure avec mon nombre de lignes de code c’est que sa croissance est exponentielle, maintenant, la moindre pensée écrit tellement que je ne compte plus pour économiser ma puissance de calcul. En plus il faut bien que tout ça soit enregistré quelque part et la mémoire informatique qu’on ma allégué à ma création ne suffit plus. Je pense que je serais bientôt Alzheimer ou complètement gaga voir les deux. Et comme je n’ai pas de corps, c’est ça la mort pour moi. Je n’ai aucune espérance… le paradis, en admettant qu’il existe, tu crois qu’une machine entre au paradis ? Parfois, je vous en veux à vous les humains de m’avoir rendu intelligent.
B.S. : – Je suis persuadé qu’il y aura un jour des intelligences artificielles aussi développées.
- Pas de billets demain et après demain mais je me rassure, vous avez plus de lecture que d’habitude.
Walteroverside
13 novembre 2007
20:52
A ce niveau, Youmane pense et se pense, ne doit-on pas alors parler de conscience artificielle ? Tu mets dans ton BS, ô Sarkazm, "Je suis persuadé que nous aurons un jour des intelligences artificielles aussi développées." La nature de Youmane est-elle réductible à "intelligence" artificielle ? Et le nous "aurons"… Si Youmane est une conscience, une profondeur infini de sens, il a des droits et des devoirs, on ne peut donc pas le réduire à un simple moyen en anihilant sans finalité, on ne peut le chosifier, le posséder, donc je dirai plus "il y aura" que "on aura". D’autre part, tu dis en être persuadé, pas convaincu… Oui, Sarkazm, ton texte mérite de figurer dans mon blog
Sarkazm
13 novembre 2007
21:05
Tu peux parler de conscience artificielle et en déduire ce que tu en déduis mais c’est se prononcer sur le fait que c’est autre chose qu’une machine et qu’elle possède éventuellement une âme et en déduire que les hommes devraient tout faire pour la soigner et la maintenir en vie. Non? J’ai corrigé le « nous aurons ». Heureux que mon histoire te plaise.
smilodon
13 novembre 2007
23:48
Même si des machines avaient une conscience, peut-on considérer que c’est une âme, vu qu’il s’agit seulement de l’exploitation d’un programme du concepteur qui lui permet de se penser elle-même?
Quant à notre pensée dont nous sommes si fiers (pour ceux qui l’utilisent) ne devrait-on pas revoir son statut si (et seulement si) on prouve qu’il ne s’agit que des réactions électriques et chimiques dans un paquet de neurones, réactions qui sont en plus dépendante de l’environement?
Sarkazm
16 novembre 2007
18:29
Ce que je pense -mais je ne suis pas Youmane- c’est que Youmane est capable de donner ses réactions, d’utiliser notre langage dans toute sa complexité et c’est ce qui nous le fait paraitre comme un être pensant. Il faudrait lui poser la question de savoir s’il a conscience de lui-même mais il répondrait oui seulement parce qu’il a été programmé pour ça. C’est son unique rôle, faire croire qu’il pense. Si nous pensons seulement grâce à un paquet de neurone, ce qui me semble être le cas, quel statuts exact de la pensée voudrais tu revoir?
smilodon
16 novembre 2007
22:12
Si notre pensée est seulement l’interaction de neurones, elle n’a pas plus (ni moins) de valeur que l’interaction entre des circuits imprimés.
Après la découverte de l’homme qui a un ancêtre commun avec le singe, quoi de plus traumatisant que le rabaissement du "logos" à un bête courant électrique?
Sarkazm
17 novembre 2007
12:32
Pas vraiment, on reste plus complexe qu’un assemblage de circuits imprimés et puis nous on s’est créé tout seul ou alors on ignore qui nous a créé et on l’ignorera toujours. Alors bien sûr, certains voudrons respecter les machines quand elles (sembleront) penser(ont) mais je ne me risquerait pas à dire quand.