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Qui ne tente rien n’a rien

12:12 par sarkazm. Classé dans : Maxime du jour

Une rencontre réussie, c’est une accumulation d’espoirs amenés soudain tous ensemble. Mais, c’est seulement si ces espoirs se réalisent petit à petit que la rencontre sera prolongée par une amitié forte.

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Faire du neuf avec du vieux

11:41 par sarkazm. Classé dans : Maxime du jour

Absolument aucune personne ne correspond à l’impression qu’elle donne.

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La Tunisie est une démocratie

20:19 par sarkazm. Classé dans : Spécial

L’article suivant n’a rien à voir avec le contenu habituel du blog. J’espère que vous le trouverez néanmoins intéressant.

 

 

Un Tunisien le doigt teinté de l’encre qui prouve qu’il a déjà voté

Un Tunisien le doigt teinté de l’encre qui prouve qu’il a déjà voté.


Voilà un mois que je suis en Tunisie, presque depuis le début officiel de la campagne électorale. J’ai visité le pays du nord au sud, de la côte aux régions intérieures, j’ai discuté avec des gens de toutes les classes sociales, suivi la campagne de plusieurs partis et celle de listes indépendantes. Si j’ai fait tout ça, c’est dans le but de réaliser un documentaire sur la transition démocratique de ce pays et c’est maintenant une longue période de montage qui s’ouvre devant moi. Cependant, alors qu’on attend encore la première réunion officielle de l’assemblée constituante, c’est par écrit que je voudrais affirmer ici que la Tunisie est maintenant une démocratie.

 

Ici, on a du mal à imaginer que ce peuple si tranquille ait pu faire une révolution. La rue comme une partie de l’élite voit d’ailleurs une influence de la CIA derrière le départ précipité du dictateur le 14 janvier dernier, il y a neuf mois. Neuf mois de semi-anarchie transitoire, une élection, et j’affirme que la Tunisie est une démocratie ? Beaucoup en Tunisie n’osent pas l’affirmer, comme de peur que la nommer la fasse disparaitre aussi vite que Ben Ali au son des  « dégage ». C’est aussi que pour beaucoup de Tunisiens, la démocratie représente une sorte de package indissociable du modèle européen : liberté d’expression, développement économique, respect du citoyen, avancées sociales, bien-être général. Si définir ainsi le modèle européen apparaît aujourd’hui contestable, il est en tout cas clair que c’est un idéal encore difficile à appliquer à la Tunisie. En ce qui me concerne je ne retiendrai comme définition de la démocratie que l’idée centrale du terme, celle contenue dans la racine grecque : un régime ou le pouvoir appartient au peuple.

C’est véritablement avec la première élection de ses représentants que le peuple a pris le pouvoir. Il l’a pris pour le transmettre aussitôt à cette fameuse assemblée constituante qui aura en quelque sorte tout pouvoir jusqu’à ce que ses propres décisions les limitent. Les médias glosent déjà beaucoup sur le taux de participation élevée et les longues files d’attentes le jour des élections (jusqu’à à cinq heures de queue pour déposer le bulletin dans l’urne). On parle de leçon pour l’occident, de modèle à suivre en termes de devoir civique joyeusement accompli. Mais après tout quoi de plus logique qu’une participation exceptionnelle* puisque c’était la première véritable élection ? Cette fois-ci, fini l’éternel et inconditionnel petit papier rose pour élire Ben Ali, fini les décomptes de voix expédiés pour un résultat connu d’avance. Cette fois-ci le bulletin est une feuille A3  où l’électeur doit cocher une croix à côté de la liste à qui il donne sa confiance. Et des listes il y en a sur le bulletin ! 1517 dans tout le pays, de 26 à 95 sur la feuille selon la région de vote. Quatre-vingt partis, 40% de listes indépendantes, le Tunisien a un véritable embarras du choix.

 

Le bulletin de vote dans la circonscription de Monastir

Le bulletin de vote dans la circonscription de Monastir

 

En fait, disons-le, ce taux de participation a été dur à atteindre. Et si les promesses d’un avenir meilleur ne sont pas tenues, on peut parier qu’il ne sera plus jamais atteint à nouveau. Il y a à peine quatre mois, le Tunisien postrévolutionnaire rechignait à s’inscrire sur les listes électorales. L’instance indépendante en charge de l’organisation des élections (l’ISIE) a dû jouer les prolongations d’inscriptions deux fois et permettre le vote des personnes toujours non-inscrites sur les listes dans des bureaux de vote spécifiques. Le Tunisien avait le sentiment qu’on lui avait volé sa révolution, qu’aucun parti politique n’était digne de confiance, que sa voix ne pouvait de toute façon pas avoir de valeur, qu’il y avait trop de partis, que le RCD (parti de Ben Ali) allait à nouveau l’attendre au bureau de vote. Il a fallu tout le travail de l’ISIE, celui des partis politiques, celui des associations, et celui de tous les citoyens convaincus du bien-fondé de cette élection pour convaincre tout le monde de se déplacer. De se déplacer au moins pour cette fois. Et le jour même, la masse a attiré les derniers réticents. L’ambiance était familiale, pas de larmes mais une certaine fierté d’être enfin citoyen, les premiers du monde arabe qui plus est**.

Mais pourquoi parler déjà de démocratie alors que rien encore n’a été fait ? Alors que le président Sarkozy annonce depuis son palais qu’il sera attentif au respect de la démocratie par le mouvement islamiste Ennahdha arrivé en tête avec 41,47% des sièges (résultat encore provisoire mais qui ne devrait guère changer) ? Simplement parce qu’aucun parti et surtout aucun Tunisien n’envisage autre chose, parce que la campagne s’est faite majoritairement dans la transparence et dans l’enthousiasme, parce que la vigilance citoyenne reste de mise, parce que la liberté d’expression est un fait depuis neuf mois, un acquis sur lequel il sera difficile de revenir, parce qu’enfin la Tunisie est un pays profondément ouvert et tolérant qui n’acceptera pas facilement une dictature de l’Islam quand bien même cela serait le projet secret d’Ennhadha. Le score de ce mouvement est une chance incroyable pour ses membres de prouver leur compétence et le bien-fondé de l’islamisme modéré pour lequel ils militent. Mais c’est également un cadeau empoisonné car la période qui s’annonce sera difficile à gérer. Il faut relancer l’économie et faire revenir les touristes, remettre la justice en marche, mettre fin à la corruption et rétablir le sentiment de sécurité là où il fait défaut. Enfin, il faut surtout, résorber l’immense chômage,  première cause de la révolte, devenue révolution à la fuite de Ben Ali. Les premiers effets d’une politique, quelle qu’elle soit, mettront du temps à se faire sentir et nul doute qu’à la prochaine échéance électorale la gauche tunisienne, actuellement éparpillée, saura en profiter. Elle fera jouer, sinon l’alternance, au moins une évolution, un changement dans les urnes qui prouvera que la démocratie a perduré.

 

* Taux de participation des inscrits sur les listes : 77,75%. Taux de participation des non-inscrits le jour du scrutin : 14,42%. Taux de participation global : 3.702.627 votants sur 7.569.824 électeurs potentiels soit finalement 48,9% de participation. EDIT : Les derniers résultats officiels indiquent un taux de participation globale de 54,1%.

** Bien sûr, cette affirmation est contestable.

 

Une partie des emplacements d’affichage prévus pour les 79 listes de la circonscription de Tunis 1

Une partie des emplacements d’affichage prévus pour les 79 listes de la circonscription de Tunis 1

 

 

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J’aimerais également revenir ici sur l’origine du score important d’Ennahdha dont vous aurez sans doute compris que j’estime qu’il ne menace aucun Tunisien. D’abord, cela a été beaucoup dit, l’identité islamique et surtout la liberté d’exercer sa religion ont été mises à mal par Bourguiba puis Ben Ali. Les gens non politisés mais très pratiquants pouvaient être inquiétés par le régime et les islamistes étaient les opposants les plus durement réprimés (mais pas les seuls, il faut le rappeler). Voter pour un parti islamiste a été pour beaucoup un moyen sûr de protéger son identité et sa religion alors que la gauche tenait sur le sujet un discours ambigu, invoquant le concept de laïcité que tout les Tunisiens ne comprennent pas. De plus, la diffusion de Persepolis doublé en dialecte tunisien sur l’une des rares chaines privées nationale et à deux semaines des élections a convaincu certains réticents au mélange de politique et de religieux que l’identité du pays et sa religion était en danger et qu’il fallait la protéger. Le film se permettait de représenter Dieu lors d’un dialogue avec l’héroïne, représentation strictement interdite par l’islam.

 

3 octobre à Monastir : Des jeunes regardent le programme d’Ennahdha qui vient d’être affiché.

3 octobre à Monastir : Des jeunes regardent le programme d’Ennahdha qui vient d’être affiché.


Mais Ennahdha a surtout très bien su gérer sa campagne, ménageant les islamistes très modérés et ceux plus radicaux, touchant tous les citoyens par un contact humain direct jusque dans les régions reculées pendant que d’autres partis dépensaient des fortunes en communication audiovisuelle. Ses sympathisants étaient nombreux et généreux,  leur confiance dans le parti était totale quand les autres partis laissaient toujours des traces de scepticisme. Ajoutons à cela que la difficulté pour l’électeur de s’y retrouver dans la mosaïque de listes et la dispersion des autres voix l’ont sans aucun doute servi. Les mauvaises langues parleront également d’une certaine tendance à abuser du manque de culture politique des gens, ce qui est sans doute vrai pour beaucoup de partis, et d’un usage illégal des lieux de culte pour sa propagande, ce qui n’a pas été prouvé jusqu’à présent.

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Il y a un proverbe chinois qui ne dit rien. Il m’arrive de le citer quand je n’ai rien à dire…

19:49 par sarkazm. Classé dans : Maxime du jour

Vivre, c’est combattre en permanence la tristesse.

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